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Les Baumettes
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Par Moussa Bedrane
Publié le 03/9/2007
 
Dda Slimane dans l’une de ses confidences à A. HACHELAF alors directeur des éditions arabes à la Maison Pathé Marconi lui disait

« LES BAUMETTES » se souvient...

Dda Slimane dans l’une de ses confidences à A. HACHELAF alors directeur des éditions arabes à la Maison Pathé Marconi lui disait

‘’ J’ai toujours été en butte  à l’incompréhension des autorités poliques qui se contentaient de la première interprétation venue pour me faire un procés d’opinion.

L’affaire des sauterelles  « AFFAg  AYA JRADH » a failli tourner au tragique pour moi, s’il n’y avait pas eu l’intervention d’un membre de ma famille, je serais aujourd’hui parmi le million et demi de chahid, et peut être qu’une rue d’Alger porterait mon Nom’’

En effet, Dda Slimane qui chantait déjà depuis belle lurette cette chanson avec celle «  IDEHR ED WAGGUR » devant son auditoire des fins de semaine de notre communauté émigrée, avait décidé de la diffuser au public en l’enregistrant sur disque en décembre 56.

Pour cela, il eût des démêles avec les autorités françaises de l’époque.

Plusieurs témoignages concordent dans ce sens sur cet épisode de sa vie, notamment ceux de OUAMAR Hocine celui de M.NEMICHE son éditeur, et MEZRED Amar son cousin maternel.

D’ailleurs Muhend Uyahia, dans sa préface du livre de Dda Slimane « IZLAN » n’avait pas manqué de relater ses souvenirs de garçon :

«As mi igenna   ‘’ Ffeg Ay Ajrad Tamurt Iw’’, slig i imeqwranen mi hedren qqaren as :

« Sliman Aazem bbwin t ar lhebs... Sliman Aazem bbwin t ar lhebs...

Ayger ? Issufeg ed tagect anda s yeqqar : Ffeg Ay Ajrad Tamurt Iw.

Anwi i d ajrad ? D irumeyen. Tura bwin t ar lhebs. »

Iqqim achal ulac wi yeslan yess. »

A l’époque résidant dans la région de Marseille, Il monta à Paris pour faire les enregistrements des 2 chansons citées plus haut chez son éditeur.

Selon les dires d’un de son cousin maternel cité ci-dessus, et  avec lequel il passa 2 jours au 40 Rue Saint Charles dans le 15° arrondissement de Paris, il repartit par train de Paris vers Marseille à l’issue de ce bref séjour.

C’est en arrivant à Marseille, qu’il se fera cueillir par des inspecteurs de la Police à sa descente du train.

Conduit au commissariat manu-militari, des éclaircissements et explications lui seront demandés quant au contenu et à la significations des termes de ses deux dernières chansons enregistrées mais non encore diffusées.

Pour cela, il sera provisoirement assigné à résidence à la tristement célèbre maison d’Arrêt « Les Baumettes »  où gîte et couvert  lui seront offerts durant pas moins de 2 mois.

Et selon les dires de Dda Slimane même, l’un de ses proches intervint en sa faveur.

vraisemblablement, il s’agirait de son frère aîné qui, à cette époque, était un élu, occupant les fonctions de président de l’association des élus musulmans, et qui usa de son influence auprès du gouverneur général d’Algérie (Robert LACOSTE) pour le faire sortir de la maison d’Arrêt des Baumettes.

Il sera interdit de séjour en France et expulsé en algérie en janvier 1958, tandis que son disque, sera frappé du sceau de la censure . 

A cet égard et selon les affirmations de Muhend Uyahia :

«  Il sera le premier et seul artiste algérien consacré qui ait traduit en son temps, la volonté de décolonisation de son peuple, mais que des rivalités de clans interdisent à ce dernier qui est de cœur avec la lutte pour l’indépendance de son pays, et il l’a prouvé, d’être partie prenante dans les événements qui se déroulent sous ses yeux.

As mi igenna   ‘’ Ffeg Ay Ajrad Tamurt Iw’’, slig i imeqwranen mi hedren qqaren as
« Sliman Aazem bbwin t ar lhebs... Sliman Aazem bbwin t ar lhebs...

Ayger ? Issufeg ed tagect anda s yeqqar : Ffeg Ay Ajrad Tamurt Iw.

Anwi i d ajrad ? D irumeyen. Tura bwin t ar lhebs. »

Iqqim achal ulac wi yeslan yess.

Quelle triste ironie du sort !..........

Etant le pionnier de ceux qui chantèrent et glorifièrent le mouvement de décolonisation et par conséquent la manifestation de son peuple à libérer sa patrie du joug colonial, et ce , en l’Hexagone Métropolitain même.

Se savait-il interdit d’écoute par les siens une dizaine d’années plus tard,  son pays devenu souverain ?

Par on ne sait qui ? Et ni pourquoi ?

et dans un contexte tout aussi étranger à sa personne.

car attendre le contexte de la guerre des 6 jours du 4 au 10 juin 1967, opposant les pays du Machrek arabe à israêl, et l’opportunité d’un arrêté portant interdiction d’écoute d’artistes juifs et ceux ayant soutenu publiquement Israêl dans ce conflit tels que  Enrico Macias et Rika ZARAÏ,, pour y ajouter son nom relève du machiavélisme et révèle toute la perfidie d’un pouvoir sans contre pouvoir de l’époque.


Les derniers mots  de sa chanson «  Idehr Ed Waggur » sont à  ces égards significatifs. »

Car on ne connaît à Slimane AZEM aucune œuvre et aucune participation à quelque gala que se soit, en faveur et/ou soutenant Israêl.

Et de surcroît, Slimane AZEM naquit au village d’Agouni-Guéghrane dans le département de la Grande Kabylie, et non pas à TEL-AVIV, à notre connaissance ? ? ? ? ?