L’Algérie a, ces dernier temps, renoué avec la violence islamiste qui a touché les corps de la gendarmerie et policier et qui n’a pas épargné les civils innocents, dont des employés de la compagnie québécoise SNC Lavalin.
Des civils qui paient ainsi les frais de ce que le président de ce pays avait appelé la Concorde civile et dont l’objectif était la réinsertion dans la société des milliers d’intégristes islamistes engagés par le passé dans un conflit armé meurtrier qui les avait opposés aux forces militaires qui, elles aussi, avaient leur part de responsabilité dans ce conflit.
Une guerre au cours de laquelle ces partisans de l’instauration d’un État islamique en Algérie avaient pourtant commis des atrocités et assassiné des milliers de citoyens parmi lesquels des intellectuels, des journalistes, des artistes, des opposants et militants des droits de la personne ainsi que… des enfants. Sans compter les disparus, victimes des forces de sécurité.
Cette initiative qui n’a pas donné les résultats escomptés a, par contre, permis à ces sanguinaires, accueillis en héros, de se restructurer et de se refaire une santé au fil du temps pour accoucher d’une nouvelle branche armée appelée Al-Qaïda du Maghreb islamique. Cette dernière est renforcée, selon des analystes, par des éléments venus d’Irak et par… le dictateur libyen qui prétend lui aussi faire jouer à son pays le rôle de puissance régionale nord-africaine (Le Devoir du 21 août).
Cette branche revendique haut et fort les attentats en question qui sèment la peur une fois de plus chez les citoyens durant cette période du Ramadhan. Dans toute cette pléiade d’impunis sanguinaires qui avaient reçu la clé des champs, une partie a, à dessein, dressé ses camps sur le site montagneux kabyle du Djurdjura.
Le choix de ce site, et il y en a pourtant d’autres dans ce pays, n’est sûrement pas fortuit puisque c’est dans cette région berbérophone, traditionnellement rebelle au pouvoir en place et à l’intégrisme, que les conversions au christianisme de ces dernières années en Algérie ont été les plus remarquées.
Certains de ces citoyens algériens convertis qui subissent l’ostracisme étatique ont été emprisonnés. À l’instar de cette dame appelée Habiba et d’autres dont les cas avaient fait les manchettes des médias internationaux alors que la liberté de culte est normalement consacrée dans la constitution du pays.
Le régime politique avait fermé les yeux sur la conquête islamiste de la Kabylie pour justifier ces derniers temps son quadrillage militaire et sécuritaire sans précédent.
D’un côté, des fanatiques qui l’ensanglantent par des attentats et, de l’autre, des incendiaires de forêts parfaitement identifiés agissant au nom d’une soi-disant «lutte contre le terrorisme» qui détruisent par le feu les ressources arboricoles et sylvicoles pour épouvanter les populations et annihiler leur résistance.
En fait, il s’agit d’une stratégie douteuse concertée entre deux partenaires dont l’objectif est de réduire un ennemi commun, le Kabyle, qui a toujours contesté la légitimité du pouvoir et rejeté l’islamisme politique. La Kabylie est donc devenue un champ de bataille où la terreur se conjugue à la terre brûlée.
Une région qui a vécu par le passé deux printemps violents lors desquels des centaines de jeunes manifestants qui revendiquaient un statut officiel à leur langue et identité avaient été assassinés par les forces de l’ordre lors des manifestations pacifiques de Tizi-Ouzou de 1980 et 2001. Des évènements qui rappellent ceux de Lhassa au Tibet. Mêmes méthodes pour écraser les minorités.
Cette région kabylo-francophone qui a été le fer de lance de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, et depuis devenue fournisseur d’immigrants du Québec, est livrée à son sort par le gouvernement algérien et mise à l’écart dans le développement économique du pays puisqu’elle n’a bénéficié d’aucun projet digne de ce nom.
Les décideurs préfèrent plutôt investir dans la construction de mosquées, des opérations de promotion du Coran dans les écoles et des festivals folkloriques pour des raisons bien identifiées. D’ailleurs, les ressources hydrauliques produites par un barrage construit par SNC Lavalin en terre kabyle ont même été détournées vers d’autres destinations du pays laissant nombre de villages dans le besoin.
Il est clair que ces luttes armées qui se déroulent sur le terrain traduisent celles qui opposent au sommet les clans qui composent la famille politique hétérogène du régime en place depuis l’indépendance du pays.
Dans sa dernière édition, l’Actualité nous apprenait, par le biais d’une chronique du regretté Michel Vastel, que MM. Harper et Charest comptent offrir au Québec un cadeau surprise algérien lors du prochain Sommet de la Francophonie en y invitant le président Bouteflika.
Il semblerait que l'invité, qui compte briguer par voie référendaire un autre mandat présidentiel dans ce deuxième pays francophone au monde après la France malgré les protestations de l’opposition, accepterait de venir au 400e de Québec. Mais, par contre, il préfère, sacro-sainte idéologie oblige, garder le dos tourné à l'Organisation internationale de la Francophonie pour mieux regarder du côté de l’Iran avec lequel il compte développer davantage ses relations, au grand dam des laïcs particulièrement kabyles. En effet, sa visite a l’air d’être un cadeau surprise, mais… pour les Québécois qui ne connaissent pas sa nature.
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